La grossesse est une expérience miraculeuse qui transforme durablement le corps d’une femme. Parallèlement aux changements émotionnels et physiques, de nombreuses femmes remarquent des modifications de leur chevelure peu après le début de la grossesse. Ces changements sont principalement dus aux fluctuations hormonales, à l’augmentation des besoins nutritionnels et à la préparation du corps à l’accouchement.
Si certaines femmes profitent de cheveux plus épais et plus brillants pendant la grossesse, d’autres font face à de la sécheresse, de la fragilité, voire à une perte de cheveux. Ce guide complet répond aux questions les plus fréquentes sur la chute de cheveux pendant et après la grossesse, en s’appuyant sur la recherche médicale et les observations cliniques.
Comment la grossesse affecte-t-elle la santé des cheveux ?
La grossesse affecte les cheveux différemment chez chaque femme. Les données cliniques suggèrent qu’environ un tiers des femmes constatent une amélioration de la qualité de leurs cheveux, particulièrement après le quatrième ou cinquième mois. Cette amélioration est essentiellement due à l’augmentation du taux d’estrogènes.
L’estrogène prolonge la phase anagène (croissance) du cycle capillaire, ce qui signifie que moins de cheveux entrent en phase télogène (chute). Résultat : la chevelure paraît souvent plus fournie, plus dense et plus saine.
Cependant, toutes les femmes ne bénéficient pas de ces effets. Certaines peuvent remarquer :
- Une sécheresse accrue
- Des cheveux cassants ou crépus
- Des changements de texture
- Une chute légère
Ces différences surviennent car les follicules pileux répondent individuellement aux changements hormonaux, et cette réponse peut varier d’une grossesse à l’autre, même chez la même femme. Il est important de noter qu’il est rare de subir une perte de cheveux continue pendant les neuf mois de grossesse ; pour la plupart des femmes, les cheveux sont au sommet de leur forme lors du dernier trimestre.

La santé des cheveux au premier trimestre
Au cours des trois premiers mois, les cheveux peuvent sembler plus épais, mais cela n’est pas dû à une croissance plus rapide. Les cheveux poussent en moyenne de 0,5 cm par mois, les changements de longueur visibles prennent donc du temps.
L’augmentation perçue du volume s’explique par :
- Les estrogènes qui réduisent la chute quotidienne.
- La production de sébum (huile naturelle du cuir chevelu) qui peut diminuer.
La réduction du sébum peut donner une impression de volume, mais elle peut aussi rendre les cheveux secs et fragiles, surtout au premier trimestre. Des soins hydratants et une manipulation douce sont particulièrement recommandés à ce stade.
Est-il normal de perdre ses cheveux pendant la grossesse ?
Oui, une légère chute de cheveux peut survenir, mais elle reste généralement limitée. En réalité, la plupart des femmes perdent moins de cheveux que d’habitude durant la grossesse grâce à l’allongement des phases de croissance.
Chute de cheveux post-partum : que se passe-t-il vraiment ?
La perte de cheveux la plus notable survient généralement après l’accouchement. Ce phénomène est provoqué par une chute brutale du taux d’estrogènes et porte le nom d’effluvium télogène post-partum.
Chronologie typique :
- Début : 2 à 4 mois après l’accouchement.
- Pic : autour de 4 à 6 mois post-partum.
- Amélioration : retour progressif à la normale en 6 à 12 mois.
Ce processus est temporaire et physiologique ; il ne s’agit pas d’une calvitie permanente ou d’un dommage aux follicules.
Causes de la chute de cheveux liée à la grossesse
Plusieurs facteurs peuvent se combiner pour expliquer la perte de cheveux pendant ou après la grossesse :
- Changements hormonaux : ils perturbent le cycle normal de croissance.
- Carences nutritionnelles : manque de fer, de protéines, de zinc, de vitamine D ou B12.
- Troubles de la thyroïde : déséquilibres thyroïdiens liés à la grossesse.
- Pathologies gestationnelles : diabète gestationnel ou infections sévères.
- Prédisposition génétique : antécédents familiaux d’alopécie féminine.
- Conditions gynécologiques : syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).
- Facteurs reproductifs : arrêt de la contraception, fausse couche.
- Affections du cuir chevelu : allergies, inflammations ou problèmes cutanés.
Si la perte de cheveux semble excessive ou se prolonge, une évaluation médicale est recommandée.
Comment prévenir ou réduire la chute de cheveux
Bien que la chute hormonale ne puisse pas toujours être évitée, des soins appropriés peuvent en réduire l’intensité.
Conseils de soins adaptés à la grossesse :
- Massages capillaires : utiliser de l’huile de coco, d’amande ou d’olive 1 à 2 fois par semaine.
- Éviter les coiffures agressives : limiter les appareils chauffants et les traitements chimiques.
- Nutrition équilibrée : privilégier les protéines, les aliments riches en fer, les fruits, les légumes et les antioxydants.
- Gestion du stress : méditation, exercice léger et sommeil suffisant.
- Produits sûrs : éviter les produits chimiques décapants et les parfums trop forts.
- Ne pas brosser les cheveux mouillés : laisser sécher partiellement à l’air libre avant de démêler.
Consultez toujours votre médecin avant de commencer des compléments alimentaires pendant la grossesse.
Une greffe de cheveux est-elle nécessaire après la grossesse ?
Dans la grande majorité des cas, une greffe de cheveux n’est pas nécessaire. La chute post-grossesse étant généralement un effluvium télogène temporaire, les follicules restent sains et capables de produire de nouveaux cheveux.
L’évolution naturelle :
- La chute atteint son pic entre 2 et 6 mois après l’accouchement.
- La repousse commence progressivement.
- La densité capillaire se rétablit souvent sous 6 à 12 mois.
Quand envisager une greffe ?
Seulement dans des situations exceptionnelles, telles que :
- Une alopécie androgénétique féminine préexistante.
- Un affinement persistant au-delà de 12 à 18 mois post-partum.
- Une miniaturisation folliculaire confirmée.
- Des causes médicales (thyroïde, carences, SOPK) déjà traitées.
La plupart des spécialistes recommandent d’attendre au moins 12 mois après l’accouchement et la fin de l’allaitement avant d’envisager une évaluation chirurgicale.
Foire Aux Questions (FAQs)
La chute de cheveux est-elle courante pendant la grossesse ?
Une perte légère est possible, mais une chute importante durant la grossesse est rare.
Les cheveux vont-ils repousser ?
Oui. Chez la plupart des femmes, les cheveux repoussent naturellement dans les 6 à 12 mois suivant l’accouchement.
Les vitamines prénatales empêchent-elles la chute ?
Elles soutiennent la santé globale du cheveu mais ne peuvent pas totalement empêcher la chute hormonale.
Quand faut-il consulter un médecin ?
Si la perte est localisée (par plaques), sévère ou persiste plus d’un an après l’accouchement.
La chute post-partum est-elle permanente ?
Non, elle est temporaire dans la grande majorité des cas.
Références Scientifiques
- Trüeb RM. Telogen effluvium: Is there a need for a new classification? Skin Appendage Disorders, 2016.
- Malkud S. Telogen effluvium: A review. Journal of Clinical and Diagnostic Research, 2015.
- Olsen EA. Female pattern hair loss. Journal of the American Academy of Dermatology, 2001.
- ACOG. Postpartum care guidelines.
- Sinclair R. Diffuse hair loss. International Journal of Dermatology, 1999.
